Les élections législatives lituaniennes de 2020 () ont lieu les dimanches et , afin d'élire pour quatre ans les de la du Seimas.

Le parti d'opposition Union de la patrie - Chrétiens-démocrates (TS-LKD) arrive en tête avec plus d'un tiers des sièges devant l'Union agraire et des verts du Premier ministre Saulius Skvernelis, qui enregistre un fort recul.

La cheffe de file de la TS-LKD, Ingrida Šimonytė, forme un gouvernement de coalition avec le Parti de la liberté et le Mouvement libéral, et devient Première ministre.

Contexte vignette|140px|gauche|Saulius Skvernelis.

Les élections législatives d'octobre 2016 voient la victoire surprise de l'Union lituanienne agraire et des verts (LVŽS) qui, bien que manquant de peu la première place au niveau national au premier tour en arrivant derrière l'Union de la patrie, remporte de loin le scrutin au second tour. Quasi inexistant avant le scrutin, la LVZS profite du mécontentement des électeurs envers les partis traditionnels et totalise ainsi 54 sièges sur 141. Le Parti social-démocrate (LSDP) du Premier ministre sortant Algirdas Butkevičius, grand perdant des élections législatives, arrive en troisième place et perd plus de la moitié de ses sièges, tandis que ses partenaires de coalition s'effondrent...

Le chef de l'union agraire, Ramūnas Karbauskis, se voit confier le la tâche de former une majorité gouvernementale par la présidente de la République Dalia Grybauskaitė.. Le suivant, le parti signe un accord en vue de la formation d'un gouvernement de coalition avec le Parti social-démocrate, les deux formations disposant ensemble d’une fragile majorité absolue d'un seul siège. Sur proposition de Karbauskis, Saulius Skvernelis devient Premier ministre..

La décision de former une coalition avec l'Union agraire aboutit cependant à une scission au sein du Parti social-démocrate lorsqu'un vote de ses militants appelle à y mettre fin l'année suivante. Une partie de ses députés favorables à la poursuite de la coalition le quittent pour former le Parti social-démocrate travailliste qui, fort de 11 députés, reforme un gouvernement minoritaire avec l'Union agraire tandis que le Parti social-démocrate rejoint l'opposition.. La perte du soutien d'une partie des députés de son partenaire force le gouvernement à conclure un accord avec le parti Ordre et justice, qui fournit dès lors au Gouvernement Skvernelis un soutien sans participation..

À la suite de son échec à se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle de mai 2019, Saulius Skvernelis annonce qu'il démissionnera de ses fonctions le , soit le jour de la prise de serment du président élu. Il déclare ainsi . Skvernelis revient cependant par la suite sur cette décision en décidant de rester en poste jusqu'aux législatives de 2020..

Système électoral

Le Seimas est un parlement unicaméral doté de pourvus pour quatre ans selon un mode de scrutin parallèle. Sont ainsi à pourvoir selon une version modifiée du scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans autant de circonscriptions électorales. Les candidats arrivés en tête au premier tour sont élus s'ils obtiennent la majorité absolue de l'ensemble des voix, y compris les votes blancs et nuls, et si la participation franchit le quorum de 40 % des inscrits sur les listes électorales dans leurs circonscriptions. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de voix est élu. Cependant, si la participation est là aussi inférieure à 40 %, l'ensemble du processus électoral est recommencé dans la circonscription concernée...

À ces sièges majoritaires se rajoutent pourvus au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes, vote préférentiel et seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription nationale. Les électeurs ont la possibilité d'exprimer un vote préférentiel pour l'un des candidats de la liste qu'ils choisissent afin de faire monter sa place dans celle-ci. Après décompte des suffrages, les sièges sont répartis selon la méthode de la plus forte moyenne à toutes les listes ayant franchi le seuil électoral. Ce dernier est fixé à 5 % de l'ensemble des votes valides, blancs et nuls, mais passe à 7 % pour les coalitions de plusieurs partis. Une fois que les listes se sont vu allouer leurs sièges, ceux-ci sont répartis en priorité aux candidats ayant recueilli le plus de votes préférentiels.

Un référendum constitutionnel d'origine populaire organisé en prévoyait une réduction de 141 à 121 du nombre de parlementaires, mais son résultat n'a pas été validé du fait d'une participation insuffisante.

Forces en présence +Principaux partisPartiIdéologieTête de liste (TS-LKD)Centre droitConservatisme, démocratie chrétienne, libéralismeIngrida Šimonytė21,70 %Union agraire et des verts (LVŽS)Centre à centre droitAgrarisme, technocratie, conservatismeSaulius Skvernelis(Premier ministre)21,53 %Parti social-démocrate (LSDP)Centre gaucheSocial-démocratie, progressismeGintautas Paluckas14,42 %Parti social-démocrate travailliste (LSDDP)Centre à centre gaucheSocial-démocratie, europhilie, troisième voieGediminas KirkilasScission du LSDPMouvement libéral (LRLS)Centre droitLibéralisme, europhilieViktorija Čmilytė9,06 %Action électorale polonaise (LLRA)Centre droitDéfense des Polonais en Lituanie, démocratie chrétienne, russophilie5,48 %Parti du travail (DP)CentreSocial-libéralisme, populismeAntanas Guoga4,68 %Parti de la liberté (LP)CentreSocial-libéralisme, droits LGBT, féminisme, europhilieAušrinė ArmonaitėScission du LRLS

Sondages 900px|centré Intentions de vote depuis les élections législatives de 2016.

Résultats +Résultats des législatives lituaniennes de 2020.Fichier:Seimas 2020.svgPartiProportionnelle.CirconscriptionsTotal Sièges+/-Premier tour.Second tour. Total+/-Votes%+/-Votes%Votes%Union de la patrie - Chrétiens-démocrates (TS-LKD)25,772324,16140,17262750Union agraire et des verts (LVŽS)18,071615,22023,62161632Parti du travail (DP)9,7797,9400,911110Parti social-démocrate (LSDP)9,58811,7608,515513Parti de la liberté (LP)9,4586,4708,143311Mouvement libéral (LRLS)7,0469,2806,857713Action électorale polonaise (LLRA)4,9704,7621,67133Parti social-démocrate travailliste (LSDDP)3,2804,6702,95333Parti du Centre - Nationalistes (CPT)2,3601,8400,61000Alliance nationale (NS)2,2101,34000Liberté et justice (PLT)2,0602,5701,08111Parti vert (LŽP)1,7003,1600,75111La Voie du courage (DK)1,1800,23000La Lituanie pour tout le monde (PLV)1,0000,71000Union chrétienne (KS)0,7801,57000Union de la solidarité intergénérationnelle (KSSSL)0,5100,25000Parti populaire (LLP)0,2600,10000Liste lituanienne (LS)0,09000Indépendants3,8704,72444Suffrages exprimés96,4794,7496,03Votes blancs et invalides3,535,263,97Total100 – 7010031006871 –141Abstention52,1952,2060,76Inscrits/Participation47,8147,8039,24

Cartes Premier tour

Second tour

Analyse Comme en 2016, le premier tour de scrutin voit l'Union de la patrie - Chrétiens-démocrates (TS-LKD) arriver en tête suivie de l'Union agraire et des verts (LVŽS). Des deux formations conservatrices, seule la première est cependant en hausse, la LVŽS enregistrant quant à elle une baisse de sa part des voix. Le Parti social-démocrate lituanien subit lui aussi un fort recul, victime de la scission d'une partie de ses membres ayant formé le Parti social-démocrate travailliste. Le scrutin à la proportionnelle voit également la progression du Parti du travail , et l'entrée au parlement du Parti de la liberté, une formation progressiste qui crée la surprise en réunissant près d'un électeur sur dix pour sa première participation à une élection nationale...

Le scrutin enregistre le second plus faible taux de participation depuis le retour de la démocratie après celui enregistré en 2004, où seuls 46 % des électeurs s'étaient rendus aux urnes. Les résultats dans les circonscriptions au scrutin majoritaire sont très similaires au premier tour à ceux des précédentes élections, avec à peine 3 sièges sur 71 remportés dès le premier tour, et une position de favori de la TS-LKD dans la majorité des circonscriptions en ballotage. Contrairement aux précédentes élections, cependant, la TS-LKD s'impose au second tour, la LVŽS ne parvenant pas à reproduire sa victoire surprise de 2016.

Parmi les candidats battus au scrutin uninominal figurent le ministre des Affaires étrangères Linas Linkevičius, candidat du LSDDP dans la circonscription des expatriés où il arrive troisième, ainsi que le président du LSDP Gintautas Paluckas, devancé de seulement cinq voix dans la circonscription d'Utenos par son concurrent chrétien-démocrate au second tour...

Suites Contestation L'Action électorale polonaise de Lituanie annonce le avoir saisi la Commission électorale pour faire annuler les résultats de l'élection, arguant d'une violation de la loi électorale par le programme télévisé du journaliste Andrius Tapinas sur Laisvės TV, qui mettait directement et personnellement en cause le président du parti, Valdemar Tomaševski. Ce dernier accuse le milliardaire américain George Soros d'avoir financé la chaîne de télévision pour .. Trois jours après le second tour, le président de l'Union lituanienne agraire et des verts Ramūnas Karbauskis appelle le Seimas à saisir la Cour constitutionnelle pour qu'elle se prononce sur l'émission de Laisvės TV et ses incidences sur la campagne électorale..

Formation du gouvernement Cheffe de file de la TS-LKD, à laquelle elle n'appartient pas, l'ancienne ministre des Finances Ingrida Šimonytė est pressentie pour succéder à Saulius Skvernelis au poste de Premier ministre, à la tête d'une coalition entre les chrétiens-démocrates, le Mouvement libéral et le Parti de la liberté... Les trois partis font une déclaration commune en ce sens dès le lendemain du second tour..

Parallèlement, le président de la République Gitanas Nausėda reçoit l'ensemble des chefs de file et chefs de parti. À l'issue de ses consultations, il déclare à Ingrida Šimonytė dans ses futures responsabilités de Première ministre, soulignant néanmoins que .. Le , le chef de l'État détaille sa vision personnelle du prochain gouvernement, appelant à la formation d'une équipe composées de personne remplissant les critères de . À l'inverse de sa prédécesseure Dalia Grybauskaitė, il n'entend pas mener une sorte d'entretien d'embauche avec chaque ministre mais de discuter avec eux sur leurs principaux objectifs et leur aspiration à soutenir l'État providence, ce qui était un engagement de sa campagne de 2019..

Le , Gabrielius Landsbergis, Viktorija Čmilytė-Nielsen et Aušrinė Armonaitė signent un accord de coalition entre l'Union de la patrie, le Mouvement libéral et le Parti de la liberté qui garantit au futur gouvernement une majorité absolue de sur 141. L'accord amène le à l’élection à la présidence du Seimas de Viktorija Čmilytė-Nielsen, du Mouvement libéral, et à la désignation d'Ingrida Šimonytė au poste de Première ministre le .. Le Gouvernement Šimonytė prend officiellement ses fonctions le 11 décembre suivant en recevant la confiance des députés par favorables, et ..

Notes et références Notes

Références

Lituanie 2020 Catégorie:2020 en Lituanie Catégorie:Politique en octobre 2020